{La famille Fang} de Kevin Wilson
Entraînés malgré eux dans les performances et autres happenings de Caleb et Camille Fang, leurs parents, dont l'ambition est de faire de leur propre vie une oeuvre d'art, Annie – surnommée « Enfant A » – et Buster – « Enfant B » –, n'ont jamais connu les joies de la normalité. Arrivés à l'âge adulte, ils comprennent que le chaos dans lequel ils ont grandi les a rendus pour le moins inadaptés à la société et au monde réel. Tandis qu'ils essaient tant bien que mal de réaliser leurs projets personnels et de trouver une forme d'équilibre, ils sont, une fois, de plus happés par la folie créatrice des deux artistes, qui, pour couronner leur carrière, ont imaginé une mise en scène dépassant de loin toutes les précédentes.
Mon avis :
La famille Fang fait partie de ses familles inhabituelles et improbables, qui font fi des règles et des lois, pour se consacrer à leur seule et unique raison de vivre, l’art ; ou du moins c’est le cas des parents Fang qui entraînent leurs enfants, souvent contre leur gré, dans une vie uniquement composée de performances et de surprises, sans vraiment s’occuper des conséquences.
Kevin Wilson nous propose ici un roman divertissant mais qui permet également la réflexion et l’interrogation sur la perception de l’art, sur les enfants artistes et sur jusqu’où l’on peut aller au nom de l’Art.
Les personnages qui nous sont présentés sont à l’image de leurs prestations : provocateurs, perturbés, en demande d’attention, chacun à un niveau plus ou moins élevé. La différence entre parents et enfants est flagrante, et si les premiers nous enchantent par leur douce folie, les seconds nous touchent par cette fragilité qui est la leur.
L’intrigue générale, qui nous permet de suivre la vie des différents membres de la famille et voir leur évolution et leurs réactions face à l’imprévu, est émaillée de souvenirs des performances données tout au long de l’histoire des Fang. Cela nous permet tout à la fois de nous attacher aux personnages, mais aussi de mieux comprendre ce qu’a été leur vie, ce qui les fait vibrer, ce qu’ils ont subi, aimé, ce qui les a construits.
Pas de grande surprise scénaristique dans ce roman, mais plutôt plein de passages inattendus et surprenants, plein d’histoires bonnes pour les faits divers mais que l’on ne s’attendrait pas à croiser pour une seule et même communauté.
Au final, donc, un roman très agréable pour qui veut s’embarquer dans la vie des Fang et comprendre le paradoxe entre ces parents et enfants. Un roman pour les passionnés d’art et les réfractaires, un roman qui peut, au choix, complètement divertir ou bien faire réfléchir.
Le livre :
Sortie le 14/02/2013 chez Presses de la cité
393 pages, 21.50€
A venir :
Balancé dans les cordes, Jérémie Guez
