15 juillet 2012

{Les violents de l'automne} de Philippe Georget

violents_automne_blogQuatrième de couverture :

À Perpignan, l'automne est une saison tumultueuse. Le vent violent le dispute à la pluie diluvienne. Un temps à ne pas mettre un flic dehors.
Pourtant un retraité pied-noir est retrouvé dans son appartement, assassiné d'une balle dans la tête... Le sigle OAS laissé près du cadavre, la destruction quelques jours plus tard d'une stèle controversée et la découverte d'un autre ancien Français d'Algérie abattu au volant de sa voiture sèment la panique dans la communauté.
Le lieutenant Sebag, qui a par ailleurs promis à sa fille de faire toute la lumière sur l'accident mortel survenu à un de ses amis, est officiellement chargé de l'enquête. Flic réputé et intuitif, il va, en traquant le tueur avec son équipe, faire ressurgir du passé un mystérieux commando...
C'est dans ce contexte que les derniers mois de poudre et de sang de la guerre d'Algérie, ses horreurs, ses espoirs, ses trahisons et ses errances vont remonter à la surface jusqu'à la nausée... Cinquante ans plus tard, il est temps de régler l'addition...

Mon avis :

Dans le monde merveilleux du polar, Les violents de l’automne ne se démarque pas par un suspense angoissant à couper le souffle, mais plus par une ambiance au goût de passé, une de ces ambiances qui ramènent le lecteur à un évènement parfois méconnu, mais qui pourtant fait partie de l’Histoire.

Il faut l’avouer, c’est là l’intérêt premier de ce roman, nous fait revivre à travers une enquête on ne peut plus actuelle, une époque
oubliée ou peu connue pour certains, mais forte en mémoire pour d’autres. La présence de l’OAS (Organisation Armée Secrète), les
flash-backs au début des années soixante en Algérie, les souvenirs d’attentats livrés tels quels avec toute la violence sous-jacente, tout ceci permet une immersion totale du lecteur dans un état d’esprit, dans une compréhension des tenants et aboutissants de l’époque.

L’intrigue présentée par l’auteur démarre sur deux chemins différents, sans liens apparents entre eux, et nous entraine d’une histoire à l’autre, d’un décès à l’autre, nous faisant nous interroger sur le pourquoi de chaque, sur les indices laissés çà et là, jusqu’à arriver au dénouement où tout prend sens, où certaines révélations arrivent encore à surprendre, à nous amener dans une autre direction.

Du côté du style, rien à redire, les personnages que nous présentent Philippe Georget sont crédibles, parfois caricaturaux (surtout en ce qui concerne les flics) mais cela ne gêne pas la lecture. Certains sont plus fouillés, comme le Lieutenant Sebag, et cela les rend humains et attachants. L’auteur prend le temps de présenter des scènes de vie, des souvenirs, de retranscrire des émotions, immisçant un peu plus le lecteur dans un quotidien, dans une histoire, dans un passé.

Au final, un roman à la frontière entre polar et histoire, et qui sait jouer parfaitement sur les deux tableaux. Tout ce qui a trait à l’indépendance Algérienne, au statut des pied-noir, à l’OAS est particulièrement intéressant et donne un décor parfait à une intrigue policière bien menée. 

Le livre :

Sortie en mai 2012 chez Jigal Polar
338 pages, 18.50€

En conclusion :

Livre découvert grâce aux Agents Littéraires.

A venir :

Dis-moi que tu m'aimes, Francisco de Paula Fernandez 

Posté par heclea à 07:00 - Romans policiers - Commentaires [0] - Permalien [#]
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