29 octobre 2009

{1984} de George Orwell

1984Quatrième de couverture :

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face.
BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON... Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C'était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.
Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

Mon avis :

Par où commencer ?... Je referme ce roman et j'ai un sentiment de malaise, comme si on m'avait forcé à regarder des horreurs pendant des heures, comme si la noirceur de l'espèce humaine m'avait sautée au visage.

George Orwell réalise ici une performance, sans m'en rendre compte j'ai été happée par cette histoire. Alors que la première partie me semblait bien longue, bien lente... en fait elle a tout installé, la doctrine du Parti, Big Brother, les lois, les pensées, l'absence de pensée telle qu'on l'entend...

Une fois ces premières 150 pages passées, Orwell avait gagné, j'étais prise au piège de ce monde tyrannique, je "croyais" en l'absence de vie de Winston, je voulais savoir s'il allait se rebeller, si la Fraternité existait, si les prolétaires allaient se soulever et surtout, si le monde allait être sauvé.

L'intrigue, le malaise vont croissants tout au long du livre, on se surprend à espérer, pour mieux retomber ensuite... Certains passages m'ont été particulièrement difficiles à lire, les scènes décrites, les procédés utilisés semblant plus vrais que nature.

Ce roman est dérangeant, il décrit un monde imaginaire, mais qui pourrait être plus ou moins possible dans un lointain futur malheureux, ici, tout ce qui fait que la vie est belle, pleine de surprises, de rencontres, de souvenirs est aboli, rien ne persiste. Même les mots, si chers à nous autres lecteurs, sont éradiqués dans la novlangue, construite dans le but d'empêcher toute pensée non-orthodoxe...

Un petit extrait choisi pour vous montrer l'horreur de cette nouvelle langue :
"C'est une belle chose, la destruction des mots. [...] Après tout, quelle raison d'exister y a-t-il pour un mot qui n'est que le contraire d'un autre ? [...] Si vous avez un mot comme " bon ", quelle nécessité y a-t-il à avoir un mot comme "mauvais" ? "Inbon" fera tout aussi bien, mieux même... "
Pour ma part, je trouve d'excellentes raisons aux mots d'exister, mais là n'est pas le débat.

En conclusion :

Je ne saurai dire si j'ai aimé ou non ce livre mais je ne risque pas de l'oublier même si je pense ne jamais le relire, il est trop "lourd" pour moi... J'ai maintenant besoin de lectures les plus légères possibles !

Lecture en cours :

Une vie de Pintade à Paris, Layla Demay & Laure Watrin

Posté par heclea à 21:51 - Science-Fiction - Permalien [#]
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